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AGADIR OUFLLA DE LA RÉGION DE TIZNIT, OUBLIÉ PAR LE TEMPS ET PAR LES AUTORITÉS

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AGADIR OUFLLA DE LA RÉGION DE TIZNIT,   OUBLIÉ PAR LE TEMPS ET PAR LES AUTORITÉS

AGADIR O’FLLA DE LA RÉGION DE TIZNIT, OUBLIÉ PAR LE TEMPS ET PAR LES AUTORITÉS

Lors d’une recherche sur les igoudar  dans les environs de Tiznit, nous sommes arrivés dans un village qui nous était inconnu où un agadir de plaine nous avait été signalé. Comme nous supposions l’avoir trouvé, nous nous étions arrêtés devant une grande construction de terre qui semblait être l’objet de nos recherches. Pendant nos observations, un homme sort de ce  bâtiment et vient à notre rencontre et à notre grande surprise il nous dit que le nom de cet endroit est  en fait  Agadir Oflla,  quelle coïncidence !

Ce monsieur s’est présenté :« je m’appelle Oumoussa Al Bachir d’Agadir Oflla , Je suis un des quatre fils de  Oumoussa Mohammed ben Abderrahman. Comme nous étions intéressés par l’édifice qui se trouvait face à nous et dont ce monsieur était sorti, nous lui avons posé la question de savoir si c’était bien un Agadir à l’origine. Répondant par l’affirmative et vu notre intérêt, il nous invite à venir le visiter.

A notre grande surprise nous avons découvert que le vieux bâtiment avait été reconvertit en différentes habitations familiales et que sa famille occupait une grande partie. 

Faisant connaissance avec son épouse, sa maman, ses sœurs et les enfants, Oumoussa nous explique que nous sommes dans la famille et que lui, son épouse et son fils  sont là, pour un petit séjour de vacances.

Un peu embarrassé par des murs écroulés,  Oumoussa  nous explique qu’ils ont en 2014 vécu un grand drame: 

Cette année-là, souvenons nous, il y a eu de très nombreuses pluies torrentielles pendant des semaines et les murs de terre n’ont pas résisté. Progressivement, ils se sont écroulés sans que la population ne reçoive aucun secours. Les familles se sont retrouvées sans abri sous les intempéries. Certains ont quitté pour Tiznit. 

Mais Moussa et sa famille ont depuis courageusement reconstruit en partie et occupent toujours le lieu. Ce fut pour eux une très grande perte et une épreuve difficile.

-Abdallah Aourik : avez-vous une association de citoyens dans votre village ? 

-Moussa Al Bachir. : oui nous avons une association : « Association Tagmat », je suis l’un des fondateurs, aussi un des responsables. Malheureusement les membres sont pauvres, ils travaillent, ils font tout ce qu’ils peuvent pour venir en aide au village et ne demandent qu’une chose : qu’on vienne les aider. 

Très peu d’anciens murs résistent encore. Certaines familles comme la famille POuoussa, la famille Moulay, la famille Badda, la famille Idlhaj, la famille Bacttis font de leur mieux pour  restaurer ; il y a aussi les familles Ismgans, la famille Batata, la famille Trtari, la famille El Marghi, toutes ces familles font de leur mieux sans l’aide des  autorités.

-A. A. : Combien d’habitants y a-t-ils dans ce village ?

-M.A.B. : Toutes ces familles comptent au total une centaines d’ habitants. Comme on est près de la ville de Tiznit beaucoup y résident, ils y ont loué des maisons, car la plupart sont des maçons et des ouvriers, ils partent pour y travailler, ce qui fait que seules les femmes restent au village avec les enfants et les personnes âgées .

-A.A. : Avez-vous une école ici ?

-M.A.B. : Oui, il y a  une madrasa ( école ), la madrasa d’Agadir oflla, mais comme les douars ( les villages )  sont éloignés, elle a été déplacée vers le centre à Idmoussa, notre ancien douar à adrar.

-A.A. :   Et  un hôpital ou un centre de santé ?

-M.A.B. : Oui il y a un dispensaire  construit près de la madrasa , mais personne n’y va, lui aussi est presque détruit comme tous les villages.

Ce que nos grands parents nous on laissé, nous essayons en fonction des capacités, de faire au mieux  pour préserver cet héritage ancestral, mais le temps passe trop vite et on ne peut plus suivre. C’est comme deux voitures qui seraient  une neuve et une vieille, la nouvelle arrive toujours plus vite que la vieille mais finissent toujours pour atteindre l’objectif.  Comme je l’ai dis, ici les gens sont des maçons, comme nos grands parents qui avaient construit  la muraille de Tiznit du temps de Moulay Hassan 1er.

Il y eu la famine, l’ouvrier était forcé de travailler  jusqu’à ce qu’il crève, alors on l’enterrait dans le pisé de la muraille. Nos grands parents nous ont transmis l’histoire de ce passé. Ces temps-là  nous ne les avons pas vécus, mais nos aïeux nous  l’ont bien raconté ce qui s’était passé.

-A.A. : C’est ça la vraie histoire, elle se transmet de bouche à oreille, merci à vous et à votre famille pour l’accueil.

-M.A.B. –Vous serez toujours les bienvenus à Agadir Oflla.

  Ensuite nous  avons poursuivit nos recherches vers d’autres Igoudar dans la région mais la plupart étaient détruits par le temps et le amanque d’entretien.

Mais, Agadir Oflla (Agadir d’en haut, « grenier d’en haut ») est un des plus anciens villages de la région de Tiznit, non loin de celui-ci il existe aussi un Agadir Izddar (Agadir d’en bas, « grenier d’en bas »).

                            Propos recueillis par A. Aourik

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