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Hommage à un ami d’Agadir, Dominique Doudet Consul général de France.

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Hommage à un ami d’Agadir, Dominique Doudet Consul général de France.

Hommage à un ami d’Agadir.
Au terme de sa mission consulaire à Agadir, Monsieur Dominique Doudet, consul général de la République Française à prononcé un discours en langue amazighe,une première dans l’histoire diplomatique au Maroc.
Merci Monsieur Doudet consul général de nous avoir communiqué votre adieu dans notre langue tamazight.
Je vous ai souvent rencontré dans diverses activités culturelles et autres et j’ai pu apprécier votre intérêt pour notre ville d’Agadir et la région Souss Massa.

 

interview fin 2016 et publiée en janvier 2017

-Magazine Agadir O’fila: -Pouvez- vous nous parler de votre parcours avant d’occuper des postes diplomatiques?

-Dominque Doudet : -Je suis un expatrié dans l’âme. Né au Cameroun, j’ai passé toute mon enfance et mon adolescence au Sénégal, où j’ai fait ma scolarité au Lycée Jean Mermoz à Dakar. J’ai ensuite suivi un cursus universitaire de droit et relations internationales, à Montpellier puis à Paris.

-M. A. O. : -Avant d’être nommé à Agadir quels étaient les postes occupés auparavant?

-D. D. : Mon premier poste était le consulat général de France à Tanger, il y a 22 ans. J’ai ensuite servi au consulat de Libreville, puis auprès de nos ambassades à Dakar, à Bangkok et à Saint-Domingue, où jétais jusquen août dernier le premier conseiller.

-M. A. O. : -Etes-vous content d’être affecté à Agadir et pourquoi?

-D. D. : -I’en suis ravi. Depuis notre séjour à Tanger,

nous avions toujours gardé en mémoire, mon épouse et moi, l’hospitalité que nous avait réservée le Maroc. Et je dois dire que nous avons retrouvé cette immense qualité d’accueil, et l’amitié exceptionnelle qui unit les Français et les Marocains. De toutes les villes du Maroc où nous avons un consulat général, Agadir était sans doute celle que je connaissais le moins bien. J’ai découvert une ville extrêmement accueillante et agréable, dont la qualité de vie explique le nombre de Français qui viennent s’y installer. J’ai aussi pu observer une vraie dynamique de l’ensemble des acteurs de la région, et je suis heureux d’arriver dans cette période riche en idées et en projets.

-M. A. O. : -Vous êtes le 25ème Consul Général à Agadir depuis 1957. Quels sont vos projets pour cette ville? Avez-vous une mission particulière ?

-D. D. : -A l’égard des Français résidents, je veux offrir un service public accueillant, efficace et moderne. Avec toute mon équipe, j’entends être au contact de nos compatriotes, pour répondre à leurs préoccupations mais aussi pour être à Iécoute de leurs projets et soutenir leurs actions.

J’ai également pour objectif dœuvrer au développement de la relation très forte qui existe avec la région Souss Massa, à l’image du partenariat dexcellence qui unit nos deux pays. Je souhaite contribuer au développement des relations économiques et des investissements, en liaison constante avec le Centre régional d’investissement, dont je relève le grand dynamisme, et avec les entreprises françaises et marocaines. Je suis convaincu que la dynamique lancée par Madame le Wali et lensemble des acteurs permettra de doper l’attractivité de la région d’Agadir, dont le potentiel est considérable. Nous sommes prêts à accompagner cette dynamique (à l’image de Taghazout Bay, qui bénéficie d’un appui de li\gence française de Développement, ou d’autres initiatives par exemple dans le domaine de la santé). Je souhaite aussi appuyer le développement des liens entre les collectivités territoriales françaises et marocaines, déjà très denses (dont le projet de bus à haut niveau de service soutenu par la ville de Nantes est un exemple fort). Je serai d’ailleurs présent à Marrakech début décembre pour les Assises franco-marocaines de la coopération décentralisée, à laquelle participeront notamment la municipalité d’Agadir et le Conseil régional de Souss Massa.

-M. A. O. : -Nous avons constaté que les touristes français boudent de plus en plus Agadir. A quoi cela est-il dû d’après vous?

-D. D. : -Les Français restent tout de même très nombreux à venir visiter cette région, où ils sont de très loin les premiers touristes étrangers. Et je sais que tous les acteurs sont pleinement mobilisés pour renforcer l’attractivité touristique de cette belle destination, pour assurer sa promotion, sa diversification et sa modernisation. La région possède des atouts remarquables : elle regorge de sites exceptionnels, cest une destination sportive reconnue, son patrimoine culturel est très riche (les magnifiques Igoudar de la région en sont un exemple), et je pense aussi à la richesse des produits du terroir et de la mer. A cet égard, je suis aux côtés des acteurs de la région pour aider à l’organisation en 2017 de la troisième édition des Rencontres gastronomiques d’Agadir, un événement de très haut niveau qui est appelé à devenir un rendez-vous mondial de la gastronomie.

-M. A. O. : -Pouvez-vous nous informer sur le volume des échanges commerciaux, en agriculture, en industrie, en servIces …. ?

-D. D. : -La France est le premier partenaire commercial du Maroc, avec des échanges totaux qui avoisinent les 8 milliards d’euros, et le premier investisseur au Maroc. Je ne dispose pas des chiffres sur le volume des échanges avec la région Souss Massa. En revanche, je peux vous confirmer la vigueur de ces échanges, qu’illustre la forte présence des entreprises françaises dans cette région : dans le domaine de l’agriculture, dans l’industrie de la pêche -dont le Salon Halieutis en février prochain constitue un rendez-vous majeur que j’entends promouvoir aux côtés des organisateurs-, et bien sûr dans les services, en particulier le secteur touristique.

-M. A. O. : -On constate dernièrement un retour à la langue française dans notre système éducatif. Pensez-vous que ce soit un choix pertinent? Si oui quels sont les atouts de ce retour pour nos étudiants désireux de poursuivre leurs études en France ? Et quel avantage cela représente-il pour la France?

-D. D. : -N’oublions pas que le nombre de franco-phones dans le monde devrait atteindre 700 millions d’ici 2050. La langue française constitue indéniablement un atout pour le Maroc, pour son rayonnement politique et économique. Pour la France, l’accueil des étudi.ants marocains, qui représentent 11% des étudiants étrangers en France, est un enjeu prioritaire, et contribue fortement à la dynamique d’échanges culturels, universitaires et économiques entre nos deux pays. La France entend poursuivre son appui à la langue française au Maroc, pour que le Maroc consolide cette position, que l’économie marocaine en tire avantage, et que les étudiants disposent de tous les atouts pour s’insérer dans le marché du travail. Loffre de cours de français à l’Institut français s’inscrit dans cet objectif, elle s’adresse à tous les publics et vise tous les niveaux de formation.

-M. A. O. : -Vous savez sans doute qu’Agadir est la capitale de la langue et de la culture amazighes. Quelle valeur ajoutée apportera votre mandat à cette langue et à cette culture?

-D. D. : La Constitution de 2011 a donné à l’amazighe le caractère de langue officielle et a reconnu la composante amazighe de la nation marocaine. J’ai pu observer, en assistant au Festival Issni N Ourgh, la vigueur de la langue et de la culture amazighes dans cette région et au-delà. Soyez assuré que les initiatives de promotion de la diversité culturelle recevront toute mon attention. Je pense par exemple au Festival Timitar ou au Nouvel an amazighe, dont l’Institut français d’Agadir est partenaire.

Avec mes remerciements renouvelés, M. Dominique Doudet.

Propos recueillis par Abdallah Aourik -2016

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