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INZGGAN L’AUTHENTIQUE COMMERÇANTE

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INZGGAN L’AUTHENTIQUE COMMERÇANTE

INZGGAN, VOISINE D’AGADIR, L’AUTHENTIQUE COMMETRCANTE

Le Mag.

Dans mon enfance, les Gadiris considéraient Inzggan comme un douar lointain. On s’y rendait une fois par semaine, le mardi jour du souk, c’est ainsi que le nom de cette bourgade a resurgi du fond de ma mémoire. Entendre parlé d’Inzggan c’était comme parler d’un pays lointain, alors qu’il était à côté

A Talborjt, à la place du commerce d’où les transports publics, autocars et taxis partaient dans toutes les directions, j’entendais souvent crier les noms des destinations et Aït Inzggan, je ne sais pourquoi, attira mon attention. Ce nom me paraissait plein de mystère.

En grandissant, j’appris qu’à cet endroit était la prison de la ville, il valait mieux l’éviter et les jeunes d’Agadir considéraient à tort ceux d’Inzggan comme des voyous.

Bien plus tard, j’ai découvert enfin, ce qu’est Inzggan.

C’est une ville située dans la vallée du Souss à une dizaine de kilomètres au Sud d’Agadir,.

Cette localité est le chef-lieu de la préfecture Inzggan-Aït Melloul, dans la région administrative Souss-Massa.

L’origine étymologique du nom Inzggan (pronnoncé en tamazight), provient vraisemblablement du mot «Anzig» qui veut dire en tamazight «haut relief» auquel s’attache «an» «là»; qui signifie «anzig an» «anzig-là» qui se traduit en «ce haut relief là». Justement sur ce haut relief-là , où est érigée la Préfecture de la ville.

On connaît très peu de choses de son histoire. On sait qu’elle a toujours été un carrefour commercial, résultat sans doute, de sa localisation au bord de l’oued Souss, qui fut navigable et qu’emprunta déjà au 3ème siècle, le navigateur phénicien Hannon pour commercer avec l’ancienne Taroudante «Ajddir».

En période d’occupation du Souss par les Portugais, Inzggan était connu par son souk hebdomadaire, « Souk d’Aït Ouaksim », ensuite «souk tlata» Au début du XXème siècle, précisément vers 1930, le lieu a pris de l’importance en période coloniale française, lorsque la France planifiat le développement d’Agadir et du Souss. (Il est à rappeler que la France colonisat le Maroc sous le protectorat de 1912 à 1956. Après avoir pris une grande partie du Maroc, de Fès à Mogador en 1912, elle entra à Agadir en 1913).

 Inzggan doit sa nomination de « ville » grâce au capitaine Français Léon Francisque Olloix qui en fut l’urbaniste en 1932. Il dessina la ville sur un schéma de rues rectilignes avec implantation d’ écoles, d’ un poste militaire, d’un aéroport à Bensergao et créa une usine pour exploiter les produits de la pêche, ainsi qu’une coopérative pour les pêcheurs. Il y avait surtout le bureau des indigènes dont la charge de direction revint au Caïd Ksimi nommé par les Français iIl  résidait dans la localité. Autrefois, cette prison était une simple grange où les prisonniers passaient la journée et rentraient pour la nuit dans leur foyer.

La ville prit de l’ampleur et la criminalité aussi il n’y avait pas que des malfaiteurs dans la prison, lorsque la résistance se mobilisa contre l’occupation coloniale, les opposants y furent incarcérés aussi.

Les résistants devenaient de plus en plus nombreux et la France transformera la grange en une véritable prison. Les administrateurs coloniaux, en charge de la gestion de la population civile comme Terrier et les services de sécurité sous la direction de Villar (gradé du ministère de l’intérieur de la France coloniale), y envoyèrent les prisonniers politiques et de droit commun.

Cette prison est fermée depuis la construction d’ une nouvelle à Aït Mlloul. La ville, réputée pour son activité commerciale, compte un nombre important de grossistes et de magasins de détail. L’économie de la ville est axée essentiellement sur ses nombreux marchés : le souk tlata du mardi, le petit marché quotidien, le grand marché de gros, plaque tournante du commerce de fruits et légumes de tout le Maroc, le souk du cuir, le souk du bétail, le souk des céréales, auxquels s’ajoute aujourd’hui, le marché de matériels d’informatiques, et de téléphone portables.

Inzggan est devenue une ville en pleine expansion en 1960 lors du tremblement de terre du 29 février. Les survivants d’Agadir détruit, y trouvèrent refuge en attendant la reconstruction de leur ville, contribuant ainsi a son développement comme pôle commercial Soussi, avec une démographie croissante. Moderne et traditionnelle à la fois, par ses monuments, ses quartiers plein d’histoire comme le vieux « Mellah », (c’est dommage que la synagogue ne porte pas de nom), le souk, l’ancienne kasbah du Caïd Ksimi dont les associations locales tentent de convaincre les autorités locales pour sa restauration.

Un de leur souhait, serait que le premier Ministre Saâdeddine El Otmani, natif de la ville, initie un projet de création d’un musée d’art et d’histoire régionale du Souss en restaurant l’ancienne prison où furent séquestrés tant de résistants qui ont combattu le colonialisme lors du protectorat.

Autre avantage suscitant son développement économique et intellectuel est la création des annexes de l’université Ibn Zohr a Aït Mlloul à côté de Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II.

Inzggan la festive culturelle.

Les principaux quartiers de la ville sont Asays, Tarraste, Mellah et El Jihadia.

Inzggan comprend encore les quartiers Elmouadafin, Jerf, Bounâmane, Taghzout, R’mel. On y trouve les des établissements scolaires:  Elmansour Dahbi, Rahal ben Ahmed, Abdallah ben Yassine, Ibn Zohr, Al-Falah, Al-Atlas.

C’est agréable de se promener dans les rues de cette «Ville Musée» qui a encore gardé les traces coloniales notamment celle du nationaliste istiqlali brandissant le point contre le résident général à Inzggan, le 30 octobre 1952 ; un geste patriotique qui nous rappelle celui de Allal ben Abdallah (voir 2ème photo page 8).

Cette ville a besoin de restaurer un tas de maisons datant du siècle dernier et qui font partie du patrimoine architectural comme l’ancien palais du Caïd Ksimi qui est dans un état déplorable.

Bien que plusieurs associations tentent d’attirer l’attention des autorités locales pour sauver ce monument, les autorités semblent avoir d’autres préoccupations, la ville devient un fief du radicalisme islamiste, même dans la population de souche amazighe.

Toutefois, il est recommandé, lorsqu’on se promène, de faire attention aux pickpockets. Il est préférable de ne pas téléphoner en rue; on nous en a fait la remarque.

Les personnalités marquantes d’Inzggan sont El Otmani (premier Ministre), Ahmed Allali (architecte), Ahmed sabir (ancien doyen de la faculté des lettres de l’université Ibn Zohr).

Cette ville abrite des mouvements culturels comme les groupes de musique traditionnelle et contemporaine.

Bilmaoun en amazighe, Boujlloud en arabe, est le nom d’un personnage carnavalesque, qui revêt la dépouille de la bête sacrifiée (lors de la fête musulmane du Sacrifice) durant deux jours, ils participent à un rite archaïque datant de la période animiste, et qui est devenu l’un des festivals populaires de la ville.

Grâce à un groupe de jeunes des quartiers de Tarrast et Dcheira, le mythique Bilmaoun est mis à l’honeur sous forme de carnaval et parmi eux le célèbre photographe Zaki et le groupe musical Izenzarn qui ont milité pour la création de ce carnaval.

On remarquera la peinture murale au centre de la ville. Cette fresque a été créée par un jeune artiste local, KHALID EL AÏDOS, natif d’une famille originaire d’Inzgan, très connus comme bouchers dans la région. Ce jeune artiste est décédé en pleine réalisation de cette œuvre que nous souhaiterions voir demeurer comme symbole de la ville et que cette place porte son nom pour la postérité.

Inzggan la sportive.

Le sport s’est développé à la même époque qu’à Agadir, Inzggan Bénéficia lors de la présence française, du premier terrain de football.

Les premiers clubs d’Inzggan sont: l’Association Sportive d’Inzggan ASI, l’Alliance, ASPTT, ASPOLICE, ROCHD furent créé déjà avant l’indépendance.

Cette ville a produit de nombreux sportifs, surtout des fooballeurs qui ont performé au club d’Agadir mais aussi dans d’autres et dans plusieurs divisions même en 1ère nationale.

Cependant les Aït Inzggan en général ne s’ intéressaient pas à la culture : Posant la question au voisin de l’ancienne synagogue de savoir pourquoi on ne mettait pas en valeur ce témoignage de la culture juive afin d’attirer les touristes, on m’a répondu : « On veut de l’argent pas la culture ! ».

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