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L’HISTOIRE AMPUTÉE DU MAROC

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Si l’histoire ne se réécrit pas, elle peut néanmoins être interprétée différemment, suite à de nouvelles informations ou à de nouvelles découvertes archéologiques. L’histoire est là, toujours là, quelle que soit l’évolution des temps; aussi bien sous le dogmatisme, au nom d’un divin, d’une philosophie ou d’une idéologie politique ou scientifique. mais elle peut être dangereusement manipulée à travers les livres scolaires dans l’intérêt d’un pouvoir colonisateur, ce qui fut le cas de notre histoire marocaine. L’histoire réelle du Maroc n’a pas commencé au VIIIè siècle comme prétendent les historiens du Makhzen : Amputée depuis le VIIIe siècle, voire délocalisée par la dynastie des Fassis durant plus de quatorze siècles au nom de l’Islam, permettant ainsi l’arabisation, pas seulement du Maroc, mais aussi de l’ensemble de Tamazgha de l’Afrique du Nord. Elle a été travestie par des nationalistes arabes sous le leadership de l’Istiqlal, Allal el Fassi qui avait interdit, au lendemain de l’indépendance, toutes fouilles archéologiques relatives à l’histoire des berbères, par crainte de découvrir des vestiges de la civilisation amazighe. Car les nouvelles découvertes auraient pu éveiller le peuple amazighe et l’inciter à réclamer son indépendance vis-à-vis du pouvoir arabo-islamique. Que s’était-il donc passé avant le VIIIème siècle, avant l’invasion judéo-chrétienne et arabo-islamique et même, avant J. C ? Pourquoi ne parle-t-on pas de la Préhistoire de nos terres et de l’Antiquité Marocaine, comme pour les autres pays émancipés ? Ces carences historiques sont dues au manque de recherches indépendantes approfondies, aux lectures d’ouvrages anciens latins et grecs mais aussi anglophones et germanophones, car le Maroc n’a jamais laissé les historiens étrangers indifférents. Nos recherches se sont trop souvent basées sur des écrits francophones et arabophones que l’état, bien souvent, leur imposait. Or ces derniers n’avaient aucun intérêt à nous apprendre notre histoire originelle, en l’occurrence celle des Imazighen. Alors penchons-nous un moment sur un très bon ouvrage anglophone «The lost Treasure of King Juba, evidence of Africans in America before Columbus, by Franck Joseph » ( le Trésor perdu du Roi Juba, L’évidence de la présence des Africains en Amérique avant Christophe Colomb) qui nous apporte la preuve qu’Imazighen étaient les premiers à avoir découvert le Nouveau Monde, longtemps avant Christophe Colomb et Amerigo Vespucci. Nous nous faisons un plaisir de vous le traduire pour les prochaines éditions d’ »Agadiroflla ». Ce document nous apprend que des découvertes archéologiques dans des grottes de l’Etat d’Illinois et dans certaines régions de la côte Est et de Louisiane font état de certaines pièces de monnaie portent les graphies de tifinaghe, du latin, de l’hébreu, du phénicien et des portraits des empereurs romains et surtout ceux de Juba 1er. Il nous raconte aussi le règne du roi Juba ainsi que celle de son fils Juba II qui épousa la fille de Cléopâtre. Depuis, la récente découverte des ossements d’homo Sapiens dans le territoire d’Imazighen, à Ighoud au Maroc méridional, les historiens ont une autre nouvelle approche de la lecture de l’origine de l’homme, et de l’histoire de l’évolution de nos ancêtres. Les médias européens ont publié en gros titres : «Notre ancêtre homo Sapiens découvert au Maroc, nous prouve notre origine africaine ». Mais hélas on ne connaît pas sa couleur de peau. Quand on pense que la France lors de son « Protectorat » nous enseignait que nous étions, nous petits marocains, subsahariens ou enfants des colonies d’Afrique du Nord, descendants des Gaulois… ! Après l’indépendance en 1956, les nationalistes arabes, « Istiqlal» nous ont imposé l’idée que les Berbères étaient originaires du Yémen. Pour les Fassis, l’histoire du Maroc commence avec celle de la fondation de la ville de Fès sous Moulay Idriss au VIIIème siècle… Quelle supercherie ! Alors qu’Idriss 1er était un récidiviste fuyant la Syrie et poursuivi par Haroun Arrachid qui l’empoisonna sur ordre de Damas. A son arrivée au Nord du Maroc, Idriss fut accueilli par les autochtones Imazighen, allant même jusqu’à lui offrir une femme, des habits et des offrandes, comme les Indiens d’Amérique avaient accueilli les Conquistadors. Des questions demeurent sans réponses : -Par quelle langue communiquaient-ils ? Imazighen ne parlaient pas arabe et les Idrissides ne parlaient pas tamazight ! Or ce Syrien semble être le premier arabe à venir dans le Nord du Maroc. «Oqba et Moussa Ben Noussaïr étaient-ils venus au Nord ou au Sahara, avant Idriss ?» -Comment Idriss a-t-il atteint les hauts plateaux du Rif ? -Est-il arrivé par mer ou a-t-il emprunté la voie romaine d’Alexandrie à Volubilis ? Volubilis était la capitale du Maroc Romain. Idriss y trouva toute une infrastructure bien développée, une région agricole prospère, un lieu propice pour répandre une nouvelle religion sur les sites romains qui étaient-là deux siècles av. J.C, sept siècles avant la naissance du Prophète Mahomet. Mais Volubilis déclina peu à peu et on vit la création d’une nouvelle ville sur la colline toute proche et c’est là que la dynastie des Idrissides allait voir le jour. Quand à L’histoire d’Agadir, on nous a fait croire que cette région n’en avait pas et la majorité des Gadiris trouvait cela normal. Les historiens officiels n’enseignaient que ce que le système éducatif makhzanien leur avait ordonné d’enseigner. Il n’y a pas si longtemps, quand j’abordais ce sujet on me taxait toujours de régionaliste, même le passage des Portugais dans cette région ne semblait convaincre personne. Cependant Agadir a bel et bien une histoire comme toutes les régions du monde. Ce qui crédibilise notre histoire c’est « le coup d’Agadir de 1911», avec le fameux cuirassé allemand «Panther». Ce n’est pourtant pas très lointain, beaucoup de gens s’en souviennent encore. Cependant, bien avant, des navigateurs phéniciens, comme Hannon, sont passés par Agadir au IIIème siècle. Et bien avant encore, notre préhistoire est confirmée par les découvertes des vestiges archéologiques au cap Ghir, précisément à Tiguert : un «Phallus» de pierre datant de 5000 ans, fétiche de fertilité, vénéré par «L’homme de Tiguert». ( découvert par Gabriel Camp, mentionné dans son livre «Les berbères à la marge d’histoire», exposé au musée de Monaco.) Et du 16ème au 18ème siècle, la dynastie Saâdienne a pourtant bien existé. C’est au XXème siècle avec le séisme du 29 février que les Gadiris se sont réveillés et ont pris conscience qu’il faudrait peut-être regarder vers nos vraies origines et que l’histoire de notre ville est aussi la nôtre.  A. Aourik

 

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