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Nouvelle édition n°40 du magazine Agadir O’flla

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Nouvelle édition n°40 du magazine Agadir O’flla

Editorial:

Pourquoi officialiser le nouvel an amazighe comme jour férié, chômé et payé Depuis ma toute première enfance, le nouvel an amazighe a été célébré en famille, faisant honneur à la récolte de toute une année agricole -il y a de cela plus d’un demi siècle. Mais l’histoire nous apprend que c’était là une coutume qui date de milliers d’années auparavant, depuis au moins la conquête de Chichong il y a 2968 ans. Cet amazighe de souche a eu le mérite d’avoir civilisé l’Egypte pharaonique de Ramsès III, une partie de la Mésopotamie, une grande partie du Moyen-Orient jusqu’au Yémen. Revenons à la petite histoire de l’événement qui date de l’époque agropastorale d’où d’ailleurs l’appellation chez-nous du « nouvel an agricole ». Les familles célébraient en privé ce jour, le 13 janvier du calendrier grégorien ; La mienne, en tout cas, tenait à honorer l’année agricole en préparant un bouillon épais fait de semoule d’orge. Le plat appelé «Tagoulla» est présenté à la famille qui se réunit autour. Nous les enfants, on attendait avec impatience ce moment pour découvrir l’un des objets qu’on cachait au beau milieu du plat pour nous inciter à manger la «tagoulla». Les objets enfouis au fond du plat se composent de sept produits du terroire dont notamment un noyau de datte, un grain de blé tendre, un grain de blé dur, un grain d’orge, un petit caillou, une pièce de monnaie en argent et un petit coquillage de mer ou de rivière. Chacun de ces objets avait pour les paysans une signification et a fortiori pour celui qui le trouve en mangeant «Tagoulla». En effet, trouver un caillou n’est pas aussi gratifiant que trouver une pièce en argent. C’était donc la tradition, mais aujourd’hui la célébration se généralise pour intéresser les associations nationales et internationales, les institutions étatiques et privées. L’événement devient donc mondial. Un clin d’œil au passage à l’association Talilt d’Agadir qui, en préservant à l’événement son aspect festif, saisit l’occasion pour rendre hommages aux artistes amazighes pour qui elle paie des allocations et des frais maladie, chapeau bas au staff de cette association. Bref, si le passé légitime amplement l’officialisation de l’an amazighe comme fête nationale, le présent le confirme avec la récente officialisation de la langue amazighe dans les constitutions des deux pays les plus peuplés d’amazighes, le Maroc et l’Algérie. Le dernier a eu le privilège d’avoir officialisé le jour de l’an amazighe, le Maroc n’a plus aucune raison de ne pas emboîter le pas au voisin, hélas. Quand à vous chers lecteur d’Agadir O’flla «asggwas, amaynou, amggaz», bonne année à toutes et à tous.

A. Aourik

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