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QUESTIONS A PROPOS DU NOUVEL AMAZIGHE

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POURQUOI  LE GOUVERNEMENT CONTINUE-T-IL  D’IGNORER L’IDENTITÉ CULTURELLE  TAMAZIGHT AU MAROC ?

YID N INNAYR : 

C’est indéniable, notre gouvernement nous ignore. Les Chrétiens du monde entier, et avec eux certaines autres communautés de confessions différentes, y compris musulmane, ont célébré le 31 décembre dernier la nouvelle année 2019, selon le calendrier grégorien instauré par le pape Grégoire III et mis en application seulement en 1582. 

Les Amazighes, eux, ont dû attendre – à contre cœur – près de 2930 ans avant de proclamer leur calendrier, conformément à un événement aujourd’hui historiquement confirmé. Il s’agit de l’accession du Roi amazighe Chichong 1er au trône pharaonique après sa victoire contre Ramsès III vers 950 avant J.-C.

Depuis, la datation choisie correspond au très ancien calendrier agraire rattaché à la terre et à ce qu’elle produit, adopté depuis des lustres par nos grands-parents. Les Amazighes fêtent ainsi « yid n innayr » pour accueillir la nouvelle année agricole qui débute le 1er innayr correspondant au 13 janvier du calendrier grégorien.

L’année 2969 a donc été fêtée dans toute l’aire géographique de Tamazgha (les 5 pays du Grand Maghreb, Siwa en Egypte, Iles Canaries, des pays de l’Afrique subsaharienne jusqu’au fleuve du Niger.) Le nouvel an amazighe a aussi été fêté par la diaspora amazighe disséminée dans le monde. 

Les festivités prennent de l’ampleur année après année. Certains pays démocratiques de par le monde, ayant compris l’importance et la richesse civilisationnelle de ce patrimoine universel, n’ont pas manqué de soutenir les organisateurs de cet événement établis dans leurs pays. Citons un seul exemple, Madame Anne Hidalgo, maire de Paris, qui  perpétue la tradition d’inviter les Amazighes de France à fêter YID N INNAYR dans les locaux-mêmes de la mairie avec un discours officiel  agrémenté de vœux et de souhaits.

Mais qu’en est-il de l’attitude de nos gouvernants ? 

Eh bien, il est regrettable de constater que, en dépit de son nombre et de son enracinement, la communauté amazighe ne jouit pas de la même attention dans nos pays. La moindre des choses serait que nos gouvernants, à défaut d’une présence effective, daignent adresser à cette occasion – même de loin – ne serait-ce que l’habituel télégramme de vœux !

Au Maroc, même les responsables qui exhibent à certaines occasions leur amazighité – dont le chef du gouvernement – n’ont osé faire le pas. Ce qui suscite chez tout observateur averti quelques interrogations dont notamment : 

-Est-ce là une preuve supplémentaire de la non reconnaissance officielle des Amazighes en tant que citoyens entiers ?

-Ou est-ce une appréhension frileuse de nos gouvernants face à la montée de la colère qui gagne dernièrement une large frange d’Amazighes désabusés devant la spoliation de leurs terres et des richesses qu’elles recèlent ?

-Ou enfin, est-ce là un message aux Amazighes signifiant qu’ils peuvent continuer de rêver  à l’octroie  d’un jour férié tant attendu, accordé par l’Etat pour fêter officiellement leur « yid n innayr » à l’instar de toutes les communautés du monde ? Et ce même si 130 parlementaires l’ont demandé dans un mémorandum adressé expressément au chef du gouvernement, l’un des prétendus amazighes, hélas ! 

CE GOUVERNEMENT OU LE SYSTÈME GOUVERNANT OU REGNANT VA-T-IL CONTINUER DE PRATIQUER LA POLITIQUE  DU «BÂTON ET DE LA CAROTTE» À L’ÉGARD DES DROITS LÉGITIMES CONSTITUTIONNELS DE TAMAZIGHT?                                                        L.N.

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